Bonjour, je m’appelle Mohammed-Sylla 🙂🇬🇳

Bonjour, je m’appelle Mohammed-Sylla, j’ai 15 ans. Je viens de Guinée Conakry. Je suis arrivé à Marseille en mars. Pendant mon enfance j’ai fait l’école, mais mon père est décédé pendant mon enfance et ma mère est décédée en 2017. Je n’ai pas de souvenir avec mon père car j’étais petit quand il est décédé. Il a eu un accident de circulation, il était chauffeur de minibus. Ma mère vendait des petits condiments pour gagner sa vie. J’ai une petite sœur aussi.

Quand mon père est décédé je suis parti chez mon oncle à Conakry pour continuer mes études. Ma mère et ma petite sœur sont restées au village. Au final, mon oncle m’a même pas mis à l’école, il s’est servi de moi pour vendre des bouteilles d’eau aux gens dans les embouteillages, ça se fait beaucoup en Afrique. Aussi j’allais souvent sur un chantier pour vendre mes bouteilles d’eau. J’ai fait connaissance avec quelqu’un qui travaillait sur un chantier. Il m’a demandé pourquoi j’allais pas à l’école. Je lui ai un peu expliqué et il m’a proposé d’aller au Mali avec lui. Je ne l’ai pas dit à mon oncle sinon il allait m’empecher de partir.

On est parti dans un camion de marchandises, on était tous les deux avec Sayon. Au Mali, on a fait un jour en camion, un jour à la gare, puis on a pris une voiture qui allait en Algérie. On est resté 2 mois là. Lui il a travaillé là-bas en tant que maçon, moi j’étais à la maison, c’est moi qui préparait à manger et tout ça. Après on est parti en Tunisie quand son travail était fini en Algérie. On est resté à peu près un mois. Un jour il m’a réveillé et m’a dit qu’un taxi est arrivé. On est parti dans la brousse, on a fait quelques semaines là-bas. Un grand camion est venu nous chercher pour nous emmener au bord de la mer. A partir de là on était vraiment beaucoup.

On est parti dans une grande pirogue pour traverser la mer. La traversée c’était pas facile du tout. On a passé 24 heures sur la mer. C’est impossible d’imaginer à quel point c’est dur. Quand le bateau de sauvetage est arrivé il y a eu des bousculades et il y a eu 3 personnes qui se sont noyées. On est rentré à Lampedusa, on s’est séparé là-bas avec Sayon parce que lui est majeur et moi mineur. Depuis j’ai aucune nouvelle de lui.

On a fait un confinement de dix jours à cause du corona. Après ils nous ont envoyé dans un foyer. Je suis resté 3 mois là bas. Je voyais les gens partir en France et je voulais faire pareil parce qu’en Italie ils ne nous mettaient pas à l’école et aussi je ne parle pas italien. Un grand est venu chercher son petit frère pour l’emmener en France. Comme je voyais qu’il parlait ma langue maternelle, je lui ai demandé si je pouvais partir avec lui. Je lui ai donné tout mon argent pour qu’il me paye le billet de train. Alors on est parti. On s’est pas fait contrôler du côté de l’Italie mais du côté de la France là-bas vers Nice ils m’ont contrôlé, j’ai dit que j’étais mineur et ils m’ont laissé passer. A un moment le grand m’a dit qu’il allait déposer son petit frère à un endroit, et qu’il allait revenir me chercher. Je l’ai attendu mais il n’est jamais revenu. J’ai vu un train qui allait à Marseille, je suis rentré dedans et je suis arrivé ici.

Ici j’ai rencontré un africain comme moi, je lui ai dis que je venais d’arriver. Lui il vivait dans une sorte de foyer qui était géré par des bénévoles. J’ai dormi un jour là-bas et une dame m’a accompagné pour aller à l’ADDAP13. On est ensuite allé à l’ADDAP13 qui avait une place pour moi en hôtel. Je me sens un peu plus tranquille mais je pense toujours au fait que je ne suis pas totalement pris en charge, je ne suis pas encore à l’école, donc j’ai pas mal d’inquiétudes encore. Il y a encore du travail. Ce que j’aime ici c’est que je peux communiquer avec les gens, en Italie c’était difficile, donc ça fait du bien de pouvoir parler. Mon seul objectif ici c’est d’étudier.

Pour finir, je vais vous partager une vidéo de Naby Keita. C’est un joueur de foot guinéen que j’aime beaucoup.

Rdv vendredi pour une nouvelle parole de minot. Partagez, likez, bouléguez ✌️

Bonjour, je m’appelle Kevin 🙂🇬🇳

Bonjour, je m’appelle Kevin, je viens de Guinée Conakry. J’ai 16 ans et j’habite à Marseille depuis presque un mois. Le jour où je suis venu, j’ai trouvé un ami à la gare St Charles. C’est lui qui m’a indiqué pour venir à la police, que les bénévoles vont passer à 20h30. Je suis venu à la police à 20h30 et j’ai trouvé là-bas les bénévoles. Ils m’ont demandé si je suis nouveau et depuis combien de temps je suis venu à Marseille. Je leur ai dit que je suis venu depuis deux jours et que j’ai dormi à la gare. Ils m’ont demandé mon nom et j’ai donné mon nom. Eux aussi ils m’ont dit leurs noms.

Quand je suis venu, j’étais un peu malade et ils se sont bien occupés de moi. Ils m’ont amené voir un médecin. Ils m’ont amené à la maison. Ils m’ont donné à manger et j’ai bien mangé. J’ai pu me laver. Ils m’ont dit : “demain matin, tu peux partir à l’ADDAP13 pour t’inscrire”. Je suis parti à l’ADDAP le matin et eux ils m’ont dit de repasser le mercredi. Le soir, je suis revenu là où j’étais à la maison.

Quand je suis arrivé à la maison, ils m’ont dit tu as gagné une place à Médecins Sans Frontières. Tu peux rester là-bas jusqu’à ce que l’ADDAP va t’appeler. Je suis parti là-bas, j’ai passé trois jours là-bas. Le troisième jour, l’ADDAP m’a appelé pour dire que j’ai une place à l’hôtel. J’ai passé trois jours et ils m’ont dit de faire les empreintes et après de faire l’évaluation. Dés que j’ai fait l’évaluation, ils m’ont dit que c’est pas bon et ils m’ont dit de quitter l’hôtel.

Je suis revenu au premier endroit devant le commissariat et j’ai retrouvé les bénévoles qui m’ont hébergé la première fois. C’est eux qui m’ont hébergé encore. Moi j’ai envie de voir mon avocat. Je l’ai au téléphone deux fois, mais je l’ai pas vu en face à face. J’ai besoin d’aller voir le juge. Ce que m’a dit l’ADDAP, j’ai pas confiance en eux. Moi, je sais mon âge fixe, c’est ça.

Mon père et ma maman, si ils étaient vivants, je les appellerai devant eux pour qu’ils disent la vérité. Mais eux, comme ils ne sont pas là, c’est Dieu seulement qui connaît et mon extrait de naissance il est en train d’être envoyé. Moi, je veux dire, Dieu merci là où je suis, je ne dors pas dehors, eux ils m’hébergent très, très bien. Ce que je voudrais dire, c’est que l’ADDAP13, dés que tu vas à l’hôtel, tu n’as pas le temps de te reposer qu’ils te disent de parler pour faire l’évaluation ; toi, tu connais rien, tu es fatigué du voyage, tu ne sais même pas ce que tu vas dire.

Pour finir, je voudrais vous partager cette chanson de Takana Zion. Il chante pour Conakry, la capitale de la Guinée, la ville où j’ai grandi.

Rdv lundi pour une nouvelle parole de minot. Partagez, likez, bouléguez ✌️

Bonjour, je m’appelle Kandet 😉🇬🇳

J’ai 16 ans et je viens de Guinée Conakry.

J’ai une grande famille, je viens d’une famille polygame. J’ai 3 sœurs et 3 frères, dont un frère et une sœur qui ont la même mère que moi. J’ai pas vécu dans le même foyer que mes vrais frères et sœurs : ils sont plus âgés, ils vivent chez la grande sœur de ma mère.

Ma mère est décédée pendant mon enfance, c’est comme si je l’avais jamais connue, c’est la deuxième femme de mon père qui s’est occupée de moi. Elle me donnait du travail, des marchandises à vendre dehors. Elle était violente avec moi si je ne voulais pas le faire elle me battait. Je m’entendais pas trop bien avec elle.

J’ai eu mon oncle, le frère de ma mère, au téléphone et je lui ai dit que ça allait pas avec elle. Donc il est venu, il a vu qu’elle s’occupait mal de moi et il m’a dit « viens je vais m’occuper de toi et je vais te mettre à l’école ». On est resté chez lui 2 jours. Il devait partir à l’étranger pour chercher du travail et donc il m’a emmené avec lui. On est parti au Mali, en bus. On a traversé le Mali pendant 2 jours, on dormait dans le bus ; on avait pas beaucoup à manger c’est mon oncle qui partait en chercher quand on faisait des arrêts. On est parti en Algérie en pickup. Mon père avait un ami en Algérie donc on a dormi là-bas. Après, moi, mon oncle et son ami on est parti en Tunisie. En Algérie il y a le rapatriement donc l’ami de mon oncle ne voulait pas se faire expulser, il est venu avec nous. On a dormi sur un chantier pendant 4 mois, mon oncle et son ami partaient travailler la journée. On mangeait à notre faim parce qu’ils avaient l’argent qu’ils gagnaient la journée.

Ensuite un jour mon oncle m’a emmené près de la mer et il m’a dit « on doit traverser ». Comme je n’avais nulle part où aller je l’ai suivi sans trop poser de questions. On était avec plusieurs autres personnes et on est parti dans une grande barque en bois. La traversée était très difficile, il y avait beaucoup de vent et de vagues, et quand on s’est fait récupérer par le bateau de sauvetage, on a fait naufrage car quand le bateau de secours arrive, tous le monde se bouscule. Notre bateau s’est retourné et mon oncle s’est noyé.

On était en Italie à Lampedusa. On a fait la quarantaine, puis on est parti dans une autre ville italienne et là-bas j’ai rencontré quelqu’un (un autre migrant) qui voulait aller en France aussi. On est parti ensemble à Saint-Etienne. On est venu en train ; on s’est fait attraper par la police la première fois, puis on a réessayé et on a réussi à passer. A Saint-Etienne j’ai été pris en charge par les services sociaux mais ils ne m’ont pas reconnu le statut de mineur donc il m’ont remis à la rue. Après quelqu’un ma payé un billet de train pour aller à Marseille. J’ai été pris en charge par RAMINA puis par le département qui m’a trouvé une place en hôtel. Après ils ont vu qu’à Saint-Etienne ils ne m’avaient pas jugé mineur, du coup j’ai du voir avec mon avocat. Ils m’ont remis à la rue et RAMINA a trouvé une famille pour s’occuper de moi.

Ça fait un mois que je suis chez eux. Ils sont très gentils, ils sont une grande famille. Je suis les cours de français de RAMINA, j’y vais depuis le mois de janvier. Je suis pas tranquille car je connais pas ma situation pour la suite. J’aime bien la France, de toute façon je ne peux pas aller ailleurs car je ne parle que français et soussou, ma langue maternelle.

Pour finir, je vous partage cette chanson de Banlieuz’art, un duo de Guinée que j’aime beaucoup. Je les écoutais déjà au pays.

✌ Rdv vendredi pour une nouvelle parole de minot. Partagez, likez, bouléguez ️✌

Bonjour, je m’appelle Tidjani 🇬🇳🙂

J’ai seize ans, je suis arrivé à Marseille y’a 4 mois, avant j’étais en Italie, je viens de Guinée. Le voyage a été très dur, mais je suis ici, inch’allah!

Je suis content de rester ici, j’aime bien les français, une famille m’a accueilli pendant 1 mois, ils m’ont laissé dormir dans leur chambre, et eux dans le salon, ça m’a beaucoup touché.

Maintenant, je suis au foyer, et je vais à l’école, j’ai vu un psychologue car je ne dors pas bien parce que j’ai peur de faire des cauchemars de la Libye.

Ce qui m’a beaucoup étonné, c’est que les français ont peur de vieillir, surtout les femmes, ils font beaucoup de choses coûteuses pour être jeunes, ils ont peur d’être vieux. Moi je pense que c’est béni de devenir vieux, ça veut dire que tu vis longtemps, inch’allah!

Je vous partage cette photo, que j’ai prise à partir d’une vidéo. Je l’aime beaucoup parce qu’elle me rappelle mes petits frères.

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Bonjour, je m’appelle Jackson et j’ai bientôt 17 ans 🙂 🇬🇳

Je viens de Guinée Conakry. Je suis arrivé depuis 3 mois à Marseille.

J’étais à l’hôtel, j’ai fait mon interview, mais ils ne m’ont pas accepté. Après, ils m’ont demandé de quitter l’hôtel. Le juge ne m’a pas accepté car il n’y a pas de photos sur mes papiers d’identité. Mais chez nous en Guinée c’est comme ça. Il n’y a pas la photo, juste le tampon. J’ai dit à mon avocat et il m’a dit qu’on ferait un recours et qu’il fallait aller chercher une carte consulaire pour moi.

Pour l’instant, j’ai fait mon test casnav pour l’école, mais je n’ai pas commencé à aller à l’école. On est en train de chercher l’école pour moi. J’aimerai aller à l’école, car je ne parle pas bien français. Dans mon pays, je suis allé à l’école jusqu’à la cinquième année. Chez nous les cours sont en français.

J’aime aussi la musique, j’aime chanter. Je chante Rnb, Hip-Hop, mais chez nous nos parents n’aiment pas qu’on chante. Si nos parents disent non, on ne peut pas faire. Moi, j’aime chanter beaucoup, mais si je chante, ils vont m’abandonner. Ils vont plus me parler, même si je donne l’argent, car ils aiment pas ça.

Mais ce n’est pas pour ça que j’ai quitté. C’est mon grand-frère qui m’a amené sur la route, il ne m’a pas dit où on allait. J’étais obligé de l’écouter car c’est mon grand frère et sinon il va ma taper. C’est en Libye qu’on s’est séparé. Lui aussi voulait traverser. Moi comme j’étais petit, on m’a fait monter dans le premier zodiac. Lui, je ne sais pas si il a pris le deuxième zodiac. Jusqu’à présent on n’a pas parlé, je ne sais pas si il est mort ou vivant.

Je voudrais vraiment que l’ADDAP m’accepte sinon ce ne sera pas facile, ce ne sera pas bon.

La chanson que je voudrais vous partager est du chanteur ghanéen Kelyvnboy et s’appelle “my story”. Il parle de son histoire et il dit que les gens vont pleurer pour lui. Quand j’écoute ça, je pense à moi-même.

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Poème de minot : texte de Alleh

C’est pourquoi la vie change
tant de couleurs
Toujours le nuage noir,
Toujours venteux,
Parfois elle est amoureuse,
Impliquez-vous.
C’est pourquoi la vie change
tant de couleurs

Je me souviens de ce que j’ai vu

Je cherche le chemin que je ne vois pas
Je cherche le chemin que je ne vois pas et
Plus je veux le bonheur, plus je ressens de la douleur,
Je ne connais pas la vie
Où en est -il?
Pourquoi cette vie change- t’elle tant de couleurs?

Pourquoi les souvenirs rappellent
Je ne veux pas dessiner la douleur
Je ne veux pas dessiner la douleur et
aussi loin que je veux
Rien nulle part
Les jours laissés derrière
Je pleure
C’est pourquoi la vie change tant de couleurs
Toujours le nuage noir
Jamais la vitesse du vent
Parfois il est amoureux
Impliquez- vous
C’est pourquoi la vie change tant de couleurs
C’est pourquoi la vie change tant de couleurs
Toujours le nuage noir,
Toujours venteux,
Parfois elle est amoureuse,
Impliquez-vous
C’est pourquoi la vie change tant de couleurs

Je me souviens de ce que j’ai vu,
Je cherche le chemin que je ne vois pas
Je cherche le chemin que je ne vois pas et
Plus je veux le bonheur, plus je ressens de la douleur,
Je ne connais pas la vie
Où en est-il
Pourquoi cette vie change-t-elle tant de couleurs..

Pourquoi les souvenirs rappellent
Je ne veux pas dessiner la douleur
Je ne veux pas dessiner la douleur
Aussi loin que je veux
Rien nulle part
Les jours laissés derrière
Je pleure
C’est pourquoi la vie change tant de couleurs
Toujours le nuage noir,
Jamais la vitesse du vent
Parfois il est amoureux
Impliquez-vous
Pourquoi la vie change-t-elle autant
Pourquoi la vie change-t-elle autant


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Bonjour, je m’appelle Samuel. 🙂🇨🇮

J’ai 16 ans et demi, je viens de la Côte d’Ivoire. Je suis arrivé à Marseille très récemment. Avant j’étais en Italie, j’ai fait un mois et quelques jours.

Je suis venu dans le train de Vintimille à Nice. J’étais assis devant, je n’avais pas payé mon billet. La police française est venu me contrôler et j’ai dit que j’étais mineur, alors ils m’ont laissé dans le train. Après, je suis arrivé à Marseille, j’ai décidé de me stopper ici car la ville me plaît.

En Côte d’Ivoire, je suis allé à l’école 4 ans. Les cours étaient en français et c’est pour ça que j’ai eu l’idée de venir en France, car je ne comprends pas l’italien.

Le voyage était très dangereux, je ne sais pas si c’est joli à voir. Nous sommes restés trois jours sur le bateau. Deux personnes n’ont pas survécu à cause de la faim et de la soif. Les gens buvaient l’eau de mer, tout le monde était malade.

Pour l’instant, je n’ai pas d’idée de métier, je voudrais juste aller à l’école et jouer au foot. En Côte d’Ivoire, je jouais beaucoup au foot dans le quartier. Je joue latéral droit. Dans les matchs de quartier entre adolescents, on parie de l’argent. Si tu perds, tu dois donner de l’argent au vainqueur. Des gens venaient me chercher pour jouer dans leurs équipes. J’aimerai beaucoup jouer au foot ici.

Pour finir, je vous partage cette chanson de Maître Gims. Je l’écoutais au pays et ça me rappelle beaucoup de souvenirs. C’était le monsieur qui venait me chercher pour jouer au foot qui écoutait beaucoup cette chanson. Il me partageait son écouteur et on écoutait ensemble la chanson. Ce monsieur, il a fait beaucoup pour moi et ma famille, vraiment, car mes parents sont décédés. Il nous a aidé mon petit frère et moi.

Il m’a aidé pour venir ici. On est parti ensemble et il est décédé en Tunisie, car il était malade.  Sans lui, je n’aurais pas pu venir. C’est comme je jouais beaucoup au ballon, qu’il était très content pour moi. Même quand il a su qu’il était malade, il m’a laissé dans la main d’un grand. Chaque fois que j’écoute ce son, je pense à lui.

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Bonjour, je m’appelle Amadou 🇬🇳 🙂

J’ai 17 ans, je suis originaire de Guinée Conakry, et je suis arrivé à Marseille en mai 2021. J’aimerais vous parler de mes études ici 📚


J’ai été admis dans un lycée professionnel de Marseille au mois de novembre dernier. Je suis dans une classe de remise à niveau (français, mathématiques…). Nous sommes 17 élèves. Nous venons de plusieurs pays. Il y a parmi nous des jeunes qui viennent d’Afrique, comme moi, et quelques autres qui viennent du Bangladesh. Il y a aussi des pakistanais, des algériens et des syriens. Nous avons cours tous les jours sauf le mercredi. Notre professeure est très bien.


L’année prochaine, je pourrai aller dans une classe normale du lycée. J’aimerais beaucoup travailler dans la logistique comme cariste ou dans la cuisine.
En ce moment je suis en stage et cela se passe bien. Ce n’est pas facile de trouver des stages, mais je suis très motivé !


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Bonjour, je m’appelle Ousmane 🙂🇬🇳

Je suis né en 2001, en Guinée.


Je suis arrivé en France fin 2017, j’avais 16 ans, le juge pour enfants m’a placé à Marseille mais j’ai dormi dans la rue pendant plus d’un mois , jusqu’à ce qu’on occupe une église avec des associations et plein d’autres jeunes, et que je sois dans un foyer provisoire.Les éducateurs ont trouvé une école pour moi, UE2PA, mise à niveau en français ensuite j’ai intégré une classe normale en bac pro. J’ai obtenu mes titres de séjour avec les éducateurs, et j’ai signé un contrat étudiant avec Monoprix, je partais à l’école dans la semaine et je travaillais à Monoprix le week-end.


Je ne bois pas, je ne fume pas, je joue au foot dans un club, et je suis toujours resté concentré sur mes trois activités, le foot, l’école et le travail. J’ai jamais eu de problème avec personne, et j’ai eu mon BAC en 2021, maintenant je cherche à signer un contrat professionnel.


En même temps si le foot ne bouge pas comme je veux, au moins j’ai mon diplôme et je continuerai à travailler, j’aime énormément le foot et je ne vais jamais baisser les bras.
Franchement, je m’en suis bien sorti de ma vie, j’aimerais bien continuer comme ça, de ne rien lâcher, inch’Allah !


J’aimerais partager avec vous ma chanson préférée, “j’ai quitté mon pays“.


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Bonjour, je m’appelle Abdul-Ahmed 🇧🇩🙂

Je suis bangladais. Je vais bientôt avoir 16 ans. J’ai une grande famille : mes parents et 5 grandes sœurs. Mon père est fermier et ma mère est femme au foyer. C’est courant que les mères ne travaillent pas au Bangladesh. Deux de mes sœurs sont mariées et les trois autres étaient avec moi à la maison. Je suis proche de mes sœurs, surtout de la deuxième plus grande ; je suis aussi proche de ma mère. Comme mon père travaille beaucoup je ne le voyais pas beaucoup. J’avais beaucoup d’amis, chaque après midi on allait dans les champs pour jouer au cricket. Le matin on avait école.

C’est terrible pour moi parce que ma vie est en danger dans mon pays : ma tante veut me tuer. Elle veut reprendre le terrain sur lequel on a installé notre maison, et elle nous harcèle et nous frappe pour qu’on lui rende, alors que c’est elle qui nous l’avait donné au départ. Elle veut le vendre à un riche. Au Bangladesh, les frères et sœurs s’entretuent pour des terres. Mes sœurs vivent à l’intérieur de la maison donc elle ne sont pas en danger ; et surtout, comme je suis le garçon ce sera moi qui héritera de leur maison à leur mort. C’est pour ça que ma tante veut me tuer.

Alors mon père m’a dit de quitter le pays mais je n’étais pas d’accord parce que je voulais continuer d’aller à l’école. Finalement, j’ai dis « ok » parce que j’avais vraiment peur. Mon père connaissait quelqu’un dans le village qui pouvait me faire quitter le pays, un de ces passeurs qu’on appelle « Dallal ». Le dallal nous a emmené en Inde. On était une douzaine, on est parti en voiture et on a traversé la frontière à pied. Ça a duré une journée car mon village est en bordure de frontière. En Inde, on est restés 1 mois et on avait un roti (pain indien) par jour, c’était très difficile on avait vraiment faim. On a dormi en tentes dans les champs, il y avait beaucoup d’insectes qui nous piquaient.

Après on est passé par le Pakistan, soit on marchait soit on était en bus, et on a traversé la frontière à pied. On est resté une semaine et pareil, on dormait en tentes, dans une grande ville. Après on est allé en Iran. Parfois on avait même pas de nourriture de la journée, juste on buvait de l’eau. On avait très faim. En Iran et en Turquie après, on dormait dans une chambre, mais on était une douzaine dans la chambre donc c’était pas de bonne conditions de vie. En Iran on est resté une semaine et en Turquie un mois et demi. Dans ces chambres on était comme des prisonniers. Je ne l’oublierais jamais, c’est horrible. On est resté un mois et demi dans une chambre sans jamais aller à l’extérieur. Pour passer le temps, on discutait et on dormait, mais c’était quand même très très long.

Ensuite on est allés en Italie, on est restés 3 ou 4 jours dans une chambre. J’ai dis au dallal que je voulais parler avec mon père, alors il m’a donné un téléphone pour l’appeler. Mon père m’a dit qu’on était en Italie et qu’on allait en France. Les dallals ne sont pas de bonnes personnes, parfois ils nous frappent. Le dallal en Italie avait l’air d’être une bonne personne mais les autres étaient vraiment méchants.

Je suis arrivé en France par camion. Il nous à déposé quelque part dans la nuit. Je ne savait pas où j’étais. Ici tout le monde s’est séparé. Alors j’ai suivi la route à pied jusqu’à trouver un endroit pour me reposer. J’ai marché 3 ou 4 heures et je suis arrivé à la gare de Marseille. J’avais très faim. J’ai dormi là jusqu’au matin. Le matin j’ai rencontré un autre bangladais, je lui ai demandé de l’aide et il m’a dit d’aller au commissariat de police en fin de journée, que là-bas des gens m’aideraient. J’y suis allé et une policière m’a dit de revenir le soir pour qu’on s’occupe de moi. En attendant je suis retourné à la gare et j’ai demandé au bangladais où je pouvais manger, il m’a montré un endroit à côté de la gare où une association vient pour donner à manger aux gens qui ont faim. J’ai attendu et vers 15 heures des gens sont arrivés et j’ai enfin pu manger pour la première fois depuis que je suis arrivé en France.

Donc le soir je suis retourné au commissariat et un membre de l’association RAMINA m’a acceuilli chez lui pendant 25 jours. Maintenant le département m’a pris en charge et je suis à l’hôtel. C’est pas pour autant que je suis rassuré, car je n’ai pas encore passé mon évaluation, et on peut me refuser le statut de mineur. Je connais deux jeunes qui n’ont pas reçu le statut de mineur, ont été expulsés de l’hôtel et sont à la rue. Sinon à part ça, je trouve les français très gentils, j’aime bien Marseille.

Pour finir, je veux vous partager la bande-annonce d’une série drama turque qui s’appelle Dirilis Ertugrul ; je la regarde toute la journée, c’est très intéressant surtout si tu es musulman car ça parle de l’empire ottoman. C’est inspiré d’une histoire vraie. Il faut aimer les combats d’épée aussi.

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