Bonjour, je m’appelle Ousmane. J’ai 15 ans et demi et je suis ivoirien.🙂

Je suis né et j’ai grandi à Divo, une grande ville ivoirienne.


Je n’ai jamais connu ma mère, je vivais avec Mamarat, la deuxième femme de mon père. J’ai peu connu mon père car on s’est perdu de vue lors de la crise de 2010. Suite aux élections, le pays a connu beaucoup de problèmes, mais je ne m’en souviens pas très bien car j’étais petit. J’ai ensuite grandi qu’avec Mamarat, mais on ne s’entendait plus car elle voulait que je travaille et moi je voulais aller à l’école. Comme je ne voulais pas travailler elle m’a mis dehors.


J’ai dormi quelques nuits dehors, puis j’ai été recueilli par un grand de mon quartier, qui s’appelle Razak. Je l’aidais pour sa supérette et lui me payait des cours du soir, il était comme un grand frère pour moi. Je me sentais bien avec lui. Un jour il m’a dit qu’il partait voyager et qu’il pouvait m’emmener avec lui si je le voulais. Comme je n’avais personne, je suis parti avec lui.


Je suis passé par le Mali, puis l’Algérie, où les passeurs étaient un peu violents et on n’avait pas le droit à la parole. Ensuite on a rejoint le Maroc où on a pris l’embarcation pour aller en Espagne. C’était un zodiac, on était 57 dessus, mais on avait tous un gilet de sauvetage. Le zodiac était percé, il commençait à couler. On a arrêté le bateau et le capitaine a appelé la marine espagnole. Quand elle est arrivée on s’est bousculé car tout le monde voulait rentrer dans le grand bateau. Certains sont tombés à l’eau, c’est là que j’ai perdu Razak de vue.
Moi j’ai été récupéré parmi les premiers dans le grand bateau car j’étais parmi les plus jeunes. La marine m’a amené dans un centre d’accueil. On était tous en quarantaine. J’y suis resté environ 25 jours. J’étais tout seul et je ne comprenais pas l’espagnol. Des amis du voyage m’ont proposé de partir en France et je me suis dit que c’était peut-être une bonne idée car je parlais français. La croix rouge espagnole nous a payé le billet pour aller à la frontière. Ensuite on a marché pour la traverser. Les amis voulaient aller à Marseille, et comme je ne savais pas où aller je les ai suivis. Ils ont été récupérés par leurs parents et je suis resté seul à la gare, où j’ai passé 2 jours.


Un agent de la gare m’a dit d’aller au commissariat pour que quelqu’un s’occupe de moi. C’est là que j’ai été pris en charge par RAMINA, et une bénévole m’a mis à l’abri. Je me suis fait ensuite enregistrer pour être pris en charge par le département. J’ai dormi chez plusieurs bénévoles. J’ai beaucoup dormi les premières nuit. J’ai été pris en charge par le département environ 2 semaines après. Maintenant, je suis a l’école depuis 3 semaines, ça se passe bien, je suis content d’être à l’école.


Marseille me plaît bien, je suis scolarisé et j’ai mes amis maintenant. Je me demande comment j’ai fait pour arriver jusqu’ici. Je suis bien ici.


J’aime beaucoup le foot, surtout Kylian Mbappé, ça me plaît beaucoup de le voir jouer, alors je vous partage cette photo de lui.


✌️Rdv lundi pour une nouvelle parole de minot. Partagez, likez, bouléguez ✌️

Slam de Minot 🙂❤️🎙

Salut, je suis Yaya Hakim, j’ai 18 ans et j’ai reçu ma carte de séjour pour un an. J’ai actuellement un patron et précédemment vous m’avez connu avec les paroles de minot en tant que Issa.

Je voulais ici simplement vous présenter le slam que j’ai fait l’année dernière et j’ai besoin aussi de vos soutiens. Je vous remercie.

✌️ Rdv vendredi pour une nouvelle parole de minot. Partagez, likez, bouléguez ✌️

Parole de Minot S3 😘 : Bonjour, je m’appelle Paul.

Ce n’est pas mon vrai prénom, mais celui de mon joueur de foot préféré Paul Pogba. J’ai 16 ans, je suis guinéen né dans la capitale Conakry.

Je suis rentré à Marseille en mai cette année. J’ai dormi dehors pendant cinq jours à la gare St Charles. Un jour, alors que j’étais en bas du pont, c’était vers le soir, un peu avant la rupture du jeûne, car c’était la période du ramadan, une dame est venue apporter des coussins aux migrants. Je lui ai dit que moi j’étais mineur, elle m’a amené jusqu’à la police et j’ai rencontré trois bénévoles, une femme et deux messieurs de l’association RAMINA. 

Un des bénévoles m’a amené chez lui, il m’a donné la nourriture et il s’est occupé de moi. Le matin, je suis parti avec un copain que j’avais rencontré au commissariat le soir. On est tous parti à l’ADDAP13 pour se faire inscrire et raconter notre histoire. Après je suis allé avec mon nouveau copain au vieux port et il m’a raconté comment il est venu en France. Et après moi aussi je lui ai raconté que j’ai vécu sur la route jusqu’au moment où je suis arrivé en France. Après on est parti à la gare dans l’après-midi et on a trouvé des gens qui nous ont offert à manger. 

Le bénévole, il nous a gardé une semaine chez lui, après il nous a amené chez une dame et elle aussi, elle s’est occupée de nous. J’ai fait une semaine chez la dame, après je suis allé à l’hôtel. J’ai dit à l’éducatrice que je voulais aller à l’école, et elle m’a dit que l’école est fermée. J’ai demandé au premier bénévole et il m’a dit qu’il y avait des cours de français avec l’association, j’ai commencé à la fin du mois de mai. Ils m’ont aidé à avoir un avocat et une bénévole m’a accompagné. Ce sont qui m’ont aidé à sortir, à faire connaître Marseille, à faire des loisirs. Ce sont eux qui me donnent des vêtements encore. 

Après on m’a dit de quitter l’hôtel car ils pensent que je peux m’occuper de moi-même et que je ne suis pas mineur. L’éducatrice m’a dit que moi j’étais grand. J’ai dit que moi j’étais sportif et qu’il ne fallait pas me juger sur mon physique. Après j’étais à la rue et les bénévoles m’ont hébergé depuis, maintenant j’attends la réponse du juge sur mon recours. J’espère pouvoir aller bientôt à l’école publique, mais jusqu’à présent ce n’est pas fait. 

Ce sont les bénévoles qui s’occupent de moi, je voudrais remercier l’association RAMINA, pour les cours de français, les sorties, les loisirs, les vêtements. Ils me respectent vraiment, je ne sais pas comment les remercier. J’espère qu’ils pourront continuer leur travail avec les mineurs. Moi, mon objectif c’est d’aller à l’école, apprendre un métier pour faire quelque chose dans la vie ; et je remercie beaucoup RAMINA, infiniment. 

Pour finir, je voudrais vous partager cette chanson en anglais, c’est un ami qui m’a fait découvrir. Je ne comprends pas l’anglais, mais j’aime beaucoup la façon comment elle chante. Mon ami m’a traduit un peu et depuis ce jour-là, j’aime écouter cette chanson pour me donner du courage.

✌️ Rdv lundi pour un slam exclusif de minot. Partagez, likez, bouléguez ✌️

Parole de Minot S3 😃 🇧🇩 : Bonjour, je m’appelle Shakib Alhassan, j’ai 15 ans.


Shakib Alhassan n’est pas mon vrai prénom mais celui du meilleur joueur dans le monde de cricket. Lui et moi, nous venons du même pays, le Bangladesh. Je suis arrivé récemment à Marseille et je dors chez des bénévoles.


Je voudrais vous parler de mon pays. Le Bangladesh est un petit pays avec beaucoup d’habitants. Au Bangladesh, il est difficile d’avoir une bonne éducation. L’école est chère et on doit payer dès qu’on commence enfant. Moi, j’ai fait 6 ans d’école et ma famille ne pouvait plus payer pour moi.


80% de la population du pays est pauvre, les gens vivent dans des maisons en bois et en bambou. Plus de la moitié de la population n’a pas d’emplois. Dans mon pays, nous sommes principalement musulmans. Il n y a pas de tensions entre les religions, mais le problème c’est les hommes politiques qui ne pensent qu’à eux et ne regardent pas les difficultés de la population.


Il y’a de plus en plus d’actes terroristes contre la politique du gouvernement actuellement. Nous suivons l’actualité et jour après jour des bombes explosent. Il y a de la criminalité, des cocktails molotov qui sont jetés et font des incendies. Quand nous sommes pauvres dans mon pays, nous n’avons pas de droits.


Ici à Marseille, j’espère pouvoir apprendre, faire des études pour construire un meilleur futur.


Pour finir, je vais vous partager cette interview de Shakib. Avant il jouait pour le club de Dhaka, la capitale de la ligue bengali. Aujourd’hui, il joue dans la ligue indienne pour l’équipe de Calcutta.


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Récit de Minot – Témoignage Audio de Fethi 🙂🕊

Cette semaine, « Parole de Minot » fait un détour avec la diffusion d’enregistrements audios datant du 1er mai 2021.

Aujourd’hui le témoignage de Fethi, adolescent tunisien, qui raconte sa traversée en conteneur et son accueil à Marseille et Europe

Avec plus de 200 publications depuis juin 2019, « Parole de Minots » est le format de l’association RAMINA pour œuvrer à une prise de conscience citoyenne en donnant la parole aux mineurs isolés étrangers présents à Marseille.

✌️ Rdv lundi pour une nouvelle parole de minot. Partagez, likez, abonnez vous à la chaine Youtube ✌️

Récit de Minot – Témoignage Audio d’Abdoulaye 🙂🕊

Cette semaine, « Parole de Minot » fait un détour avec la diffusion d’enregistrements audios datant du 1er mai 2021.

Aujourd’hui le témoignage d’Abdoulaye, qui raconte les raisons de son départ, la traversée et son accueil à Marseille.

Avec plus de 200 publications depuis juin 2019, « Parole de Minots » est le format de l’association RAMINA pour œuvrer à une prise de conscience citoyenne en donnant la parole aux mineurs isolés étrangers présents à Marseille.

✌ Rdv vendredi pour le témoignage de Féti. Partagez, likez, abonnez vous à la chaine Youtube ✌

Parole de Minot Saison 3 🕊🇦🇫 : Sakhi, suite et fin du témoignage.

Partie 2. Après avoir raconté son parcours, Sakhi évoque la situation actuelle de l’Afghanistan et son rapport à la foi.


Maintenant je vais vous parler de mon pays. En Afghanistan, il y a plusieurs communautés de peuples. Les grands peuples en Afghanistan s’appellent pachtouns, tadjiks, et hazaras, et les ouzbeks qui sont moins nombreux. 90% des talibans se sont des pachtouns et se sont eux qui ont pris le pouvoir et ne voulaient pas le partager avec d’autres peuples.


Dès que les talibans prennent le pouvoir, il y a beaucoup d’interdictions. Ils interdisent la musique, ils interdisent aussi aux femmes de sortir toute seule, de travailler, ou de faire de la politique. Ils obligent les hommes à se faire pousser la barbe. Pour eux, c’est une façon de dire qu’on ne peut rien respecter de plus que la religion.


Pour moi, il y a des choses bien et des mauvaises choses. Moi quand je suis énervé, j’écoute le Coran, traduit en dari, et cela m’apporte beaucoup de calme, ça me libère, ça me détend le corps. Ça me donne de l’espoir pour cette vie et pour celle d’après, car Dieu dit que ce monde est un test pour n’importe quel être vivant sur Terre. Je voudrais vous citer le verset 28 de la sourate 13 du Coran qui correspond tout à fait à ce que je ressens et qui dit : “Ceux qui ont cru et dont les cœurs se tranquillisent à l’évocation d’Allah. N’est-ce point l’évocation d’Allah qui tranquillisent les cœurs ?”


Les choses sont toujours plus compliquées, mais je pense que si les talibans ne partagent pas le pouvoir avec les autres peuples d’Afghanistan, il y aura une autre guerre. L’Afghanistan ne sera pas en paix.


Les talibans ont menti dans les médias d’Afghanistan et du monde entier en disant qu’ils partageraient le pouvoir et que le gouvernement serait ouvert à d’autres peuples. Mais la vérité, c’est tout autre chose, c’est que des pachtouns. L’Afghanistan ne sera jamais indépendante si les talibans n’arrêtent pas d’écouter le Pakistan.


L’Iran soutient aussi en cachette les talibans. Il y avait des écoles pour former les talibans en Iran, j’ai entendu plusieurs personnes qui disent l’avoir vu. Quand les talibans sont arrivés au pouvoir, ils ont ouvert les barrages afghans pour faire venir l’eau en Iran, sans demander quelque chose en retour. Nous, en Afghanistan, on a la montagne, on a la neige, ça nous donne de l’eau, c’est notre richesse et on a besoin de ça, alors que dans certains villages l’été, il n’y a pas d’eau. Dans le village de ma famille, l’été il n’y a pas d’eau et le puits est sec. Mon oncle, même en creusant à 25 mètres de profondeur, il ne trouve pas assez d’eau.


Si les talibans veulent gouverner, il faudra qu’en plus de partager le pouvoir ils échangent leurs vêtements militaires pour des vêtements classiques. Aujourd’hui beaucoup de gens mettent les vêtements des talibans, en disant qu’ils sont talibans, mais c’est pour cambrioler et abuser du pouvoir.


Pour finir, j’aimerai vous partager cette chanson, c’est une reprise de notre ancien hymne national. Il y a beaucoup de gens qui aiment cette chanson et qui l’écoutent actuellement en Afghanistan.


✌ Rdv lundi après ce détour par l’Afghanistan pour la suite de Parole de Minot S3 avec une semaine consacrée à la diffusion de deux témoignages audios. Partagez, likez, bouléguez ✌

3eme et dernier témoignage d’un minot afghan marseillais. Sakhi, arrivé en 2017 en France. 🇦🇫🕊️


1ere partie : Le parcours


Bonjour, je m’appelle Sakhi, j’ai 24 ans et je suis afghan. Je suis arrivé en France, ça fait 4 ans, j’avais 20 ans. Je me suis installé à Marseille depuis 3 ans. Aujourd’hui j’ai des frères et des sœurs en Afghanistan.


Quand j’avais 6 mois, ma mère est décédée. Nous vivions au centre de l’Afghanistan dans la province de Ghazni, ville de Jaghori. Nous étions de la communauté Hazara, qui est majoritaire dans la ville de Jaghori. Quand j’étais petit, j’étais en Afghanistan et c’était le premier gouvernement taliban. Les talibans ont annoncé un jour que tous les hazaras devaient quitter le pays et que si quelqu’un leur faisait du mal, ils n’auraient plus le droit de porter plainte. Du coup, mes deux grands frères, mon père et leurs familles ont commencé à partir vers l’Iran.


Moi j’étais trop petit pour me rappeler du gouvernement taliban, j’ai grandi en Iran. Nous étions arrivés avec le visa et après nous sommes devenus des clandestins. Quand j’étais petit, je n’avais pas le droit d’aller à l’école officielle iranienne parce que je n’avais pas la nationalité iranienne. J’ai appris à lire grâce à l’association “Naihzar Sawat Amozi” où j’ai pu étudier pendant un an. C’est la seule période de mon enfance où j’ai pu un peu étudier et apprendre à lire. C’est peu pour apprendre à régler les situations dans la vie.


Nous vivions dans les chambres de l’usine où travaillait mon grand frère. C’est une usine de production d’oxygène pour les hôpitaux, les chalumeaux… Quand j’avais 9, 10 ans, un ami du patron de mon frère est venu dans son usine et a vu qu’on vivait là bas. Il m’a proposé de travailler pour lui et de m’apprendre le métier. Il avait un magasin de vente de matériel en bâtiment. Il a commencé à me donner un salaire de suite. Si je cassais du matériel, il enlevait le prix de mon salaire.


J’ai travaillé là-bas 2, 3 ans. Puis il y a d’autres patrons qui ont été intéressés pour me faire travailler. Après j’ai travaillé pendant 6 mois dans un magasin qui vendait et remplaçait des bobines électriques. Après j’ai travaillé un an dans un magasin de voltage faible. J’avais 13, 14 ans, c’est à cet âge là que mon père est mort. Avec le patron et le chef d’équipe, je montais des tableaux, je réalisais des circuits.


Puis mon grand frère qui était le chef de famille m’a expliqué que je devais demander une augmentation à mon patron, mais ce dernier n’a pas accepté. Alors mon grand frère m’a amené dans un autre métier dans le bâtiment. J’étais dans les chantiers, c’était trop fatigant. Il fallait porter des briques et les monter sur plusieurs étages. Faire monter le ciment pour les échafaudages. Quelque temps après, mon frère a décidé de revenir en Afghanistan pour s’installer.


Au bout de 6 mois, il a demandé au reste de la famille en Iran, sa femme et ses enfants, de le rejoindre et m’a demandé à moi de rester tout seul. Après il a vendu les terres de mon père et est parti avec sa famille en Indonésie. Aujourd’hui il vit au Canada. Moi je n’ai reçu aucun argent des terres qui appartenaient à notre famille. Et puis il demandait que je continue à envoyer une partie de l’argent de mon travail en Iran à sa famille.


Quand j’avais 15, 16 ans, j’étais seul en Iran. Je n’avais pas de maison, pas de logement. J’ai arreté de travailler dans le bâtiment pour travailler dans une carrière de pierre. J’avais peur d’être attrapé par la police ou les militaires iraniens car j’étais un clandestin et je pouvais être renvoyé en Afghanistan. Mais aussi si on m’attrapait, le gouvernement iranien avait obligé des milliers d’afghans à aller combattre en Syrie contre Daech, et sinon elle nous menaçait de prison plusieurs mois.


Comme je ne voulais pas faire la guerre, j’ai décidé de quitter l’Iran pour aller en Turquie. Quand je suis arrivé, je me suis rendu compte que les gens de Turquie étaient racistes parce qu’ils ne donnaient pas du travail à tout le monde. J’étais à Istanbul, alors pour essayer de survivre j’ai trouvé un métier de misère. J’avais un chariot, je marchais en ville pour chercher les plastiques, les cartons, le fer, le cuivre,… pour le revendre à des magasins qui le revendaient plus cher. Des jours il n’y avait rien, d’autres jours il y en avait plein. Je gagnais juste de quoi vivre au jour le jour. Le prix de la location d’une chambre à Istanbul était plus cher que tout ce que je gagnais en un mois.


J’avais 17 ans et j’ai décidé de venir en Europe. Je suis parti d’Izmir, sur un petit bateau en plastique, un zodiac. On était 18 ou 19 personnes. On est arrivé au large de l’île de Samos et la police nous a arrêtés avec un grand bateau et un hélicoptère. On a été 6 mois dans un camp dans la montagne de l’île de Samos. C’était comme une prison, on n’avait pas le droit de sortir dans la journée. La nourriture, ça allait, c’était des pommes de terre avec un peu de sauce, un peu de viande. J’ai appris un peu la langue anglaise, j’ai rencontré d’autres Afghans et je pouvais parler ma langue maternelle. Je ne me sentais pas tout seul. Mais comme j’avais envie de parler ma langue maternelle, ce n’était pas facile d’apprendre d’autres langues comme le grec.


Après, comme j’étais mineur on m’a envoyé à Athènes dans un foyer. J’avais un appartement avec d’autres, c’était trop bien. Je jouais avec des collègues comme un enfant, c’est ce que j’avais jamais connu parce que j’ai commencé à travailler à 9 ans. Dès que j’ai eu 18 ans, on m’a renvoyé dans un immense camp, je crois que c’était celui de Morià. On était dans un conteneur transformé en chambre, on était 4 ou 5 dedans. J’avais des compagnons de chambre qui fumaient beaucoup de haschich, j’avais peur de devenir fumeur comme eux alors j’ai décidé de m’échapper plutôt que de devenir drogué. Je suis parti vers le port de Patras et je me suis caché sous un camion qui rentrait dans le bateau qui partait en Italie. La police m’a attrapé deux ou trois fois, ils me relachaient et je reessayais.


En Italie, je suis resté une semaine à Milan. J’ai essayé de partir en Suisse, mais la police contrôle et c’est impossible d’échapper. Alors je suis revenu à Milan et j’ai commencé à venir en France. Je suis arrivé à Nice en me cachant dans le train, nous étions tout un groupe. A Marseille, j’ai cherché à acheter un billet pour Paris et j’ai eu de la chance car j’avais pas l’argent et quelqu’un m’a donné comme un faux billet.


Comme il n’y avait pas de contrôleurs, j’ai pu arriver à Paris. Je me disais “soit maintenant, soit jamais”. Dès que je suis arrivé à Paris, j’ai cherché la police municipale. Je suis rentré dans un restaurant et j’ai demandé en anglais : “Where i can find Police ?”. La serveuse était choquée : “Pourquoi vous cherchez la police ?” J’ai parlé avec mes mains pour expliquer que je voulais demander l’asile, déposer mes empreintes.


Après, ça faisait 14 jours que j’étais à Paris, je dormais dehors. Je restais dans le métro toute la journée, à circuler et à chercher un camp car les policiers m’avaient donné l’adresse. Ensuite je suis allé dans un camp à Porte de La Chapelle dans le XXème arrondissement. Après les autorités du camp ont décidé de partager les réfugiés dans plein de régions ,et moi je suis arrivé à Sisteron dans un foyer.


A Paris, les policiers avaient trouvé mes empreintes et que j’étais passé en Italie, mais c’était juste avant le début de la loi qui oblige les réfugiés à rester dans le premier pays où ils rentrent en Europe. C’est grâce à ça que j’ai eu l’asile en France. Lorsque j’ai eu l’interview pour la demande d’asile, j’ai raconté tout ce que ce je vous ai dit là, mais je vous en dit plus aujourd’hui.


A Sisteron, je partageais la chambre avec quelqu’un qui fumait beaucoup de haschich aussi dans la chambre, qui écoutait la musique fort. Je me suis plaint à l’Assistante Sociale, je lui ai montré une vidéo et je lui ai expliqué que je n’arrivais pas à dormir. Je suis resté un an à Sisteron. J’étais arrivé en France en février 2017, à la fin de l’année 2017, j’ai eu mes papiers.
Le professeur de français de l’école du Greta de Manosque m’a proposé de faire une formation de maçon VRD, qui veut dire Voirie Réseau Divers pour travailler sur les canalisations, les trottoirs. A la fin 2018, j’ai reçu le diplôme. J’avais passé ma formation à Istres et j’ai commencé à travailler à Marseille.


J’ai travaillé pour des agences d’intérim et après ils m’ont proposé un autre contrat dans un chantier qui dure jusqu’à maintenant. Je travaille dur, il n’y a pas d’augmentation de salaire et il y a des risques de se blesser. Moi, je me suis blessé à l’œil avec une poussière de ferraille et mon collègue s’est blessé gravement au bras avec une disqueuse. On l’a aidé à faire un garrot. Il a été en arrêt deux mois et aujourd’hui il n’a pas récupéré sa force et ne peut pas travailler comme avant.


Aujourd’hui à Marseille, je me sens bien, mais il y’a des difficultés comme pour chaque vie. J’aimerai prendre des cours pour améliorer mon français, mais je ne peux pas car je dois travailler pour gagner de l’argent. J’aimerai trouver un logement social plus grand que là où j’habite qui est plus petit qu’un studio, je dois cuisiner en cachette. Je paye 390€ de loyer par mois et je n’ai pas droit à des aides de la CAF.


✌️Rdv vendredi pour la suite et fin du témoignage de Sakhi qui nous parlera de son point de vue sur le retour des talibans et de son rapport à la foi. Partagez, likez, bouléguez ✌️

2ème partie du témoignage de Kochaï 🕊🇦🇫, minot afghan arrivé à Marseille depuis deux ans


Dernière partie : La situation de l’Afghanistan aujourd’hui


Si je vous parle de la situation en Afghanistan, c’est vraiment très, très compliqué. Vous voyez tout ce qui se passe là-bas, actuellement à la télévision. Les gens qui essaient de s’enfuir en montant sur les avions et qui tombent. Si je parle trop de ça, j’ai peur de ne pas arriver à dormir ce soir.


J’ai connu la guerre depuis ma naissance et la génération de mes parents, c’est pareil.


Ici les français ont beaucoup de chances de connaître la paix. Ici, on peut tout faire, on peut aller à l’école, les filles peuvent aller à l’école. On peut vivre pour soi, on peut parler de ce qu’on veut. Là bas, tu n’as pas le droit de parler, on n’a pas la liberté de vivre.


Nous les afghans de Marseille, nos familles sont là-bas et on a pas de nouvelles, on aimerait les ramener ici. On pense beaucoup à ça actuellement, mais on n’en parle pas entre nous, car tout le monde souffre. Certains ont des femmes et des bébés là-bas, alors on n’ose pas en parler.


Pour finir, je voudrais vous partager cette chanson en langue pachto du chanteur Javed Amirkhil, il chante pour le renouveau de mon pays et si vous lisez l’anglais vous pourrez comprendre les paroles. Merci à vous si vous avez lu et compris mes paroles.


✌ Rdv lundi prochain pour un troisième et dernier témoignage d’un minot afghan marseillais. Partagez, likez, bouléguez ✌

Parole de Minot Saison 3 🕊🇦🇫 : 2ème témoignage cette semaine.

Kochaï, minot afghan arrivé à Marseille depuis deux ans, après celui d’Ibrahim la semaine dernière.

Partie 1 : La traversée


Bonjour, je m’appelle Kochaï, je viens d’Afghanistan, j’ai 18 ans. Je suis à Marseille depuis deux ans. J’ai deux frères, une sœur et une mère. Mon père est décédé, j’étais enfant, il tenait un commerce et a été tué. Actuellement ma mère et ma sœur habitent avec mon cousin à Kaboul. Mes deux frères, eux, sont à Marseille depuis dix ans et travaillent ici.
Quand j’avais 16 ans, les talibans ont demandé à ma mère que je sois recruté avec eux et que je prenne les armes. C’est pour cela que ma mère m’a demandé de partir, de quitter l’Afghanistan pour rejoindre mes frères à Marseille.


On était 25 personnes dans une grande voiture, il n’y avait pas de places. Ma mère avait payé quelqu’un qui avait tout organisé jusqu’en France. On est arrivé à Nimroz, au sud-ouest de l’Afghanistan, à la frontière entre le Pakistan et l’Iran. On est allé au Pakistan, ensuite on est rentré en Iran. Des fois il fallait marcher, des fois on changeait de voiture.


On est arrivé en Turquie, on a marché à pied pour traverser la frontière avec la Bulgarie dans la montagne. Après on a traversé la Serbie, on est arrivé en Autriche, au total on était 18 personnes comme ça. C’est en Autriche qu’on a commencé à se séparer, certains sont allés en Allemagne. On est parti à trois en Italie avec un adulte, après on s’est quitté et je suis arrivé avec un autre mineur afghan à Marseille. Avec mon ami, on est arrivé chez mon frère. Nous étions partis depuis deux mois d’Afghanistan.


Après, ça a duré 3, 4 mois, car l’ADDAP ne voulait pas nous donner de places. Mes frères, ils ne pouvaient pas nous héberger tous les deux. Ils ont demandé à mon ami de partir, alors on a quitté tous les deux. On a dormi dehors pendant une semaine.


C’était il y a bientôt deux ans, puis on a trouvé des solidaires qui nous ont hébergé dans une maison. Ils ont fait la demande pour avoir des avocats et qu’on soit reconnu mineurs et mis à l’abri. Ça a duré un mois ou deux mois, ça a été compliqué, car mon ami a quitté Marseille sans rien dire, il me parlait souvent de Calais. A la fin, j’ai pu avoir une place à l’hôtel avec l’ADDAP. Je suis resté un an dans le même hôtel, j’ai pu commencer l’école. Avant je faisais des cours avec Katilla, une école de bénévoles.


Après un an, j’ai pu commencer un CAP et aujourd’hui j’ai un travail et une carte de travail pour un an et j’ai eu un CDI. J’aime bien Marseille, la ville, les gens, la plage, le climat, mais il me manque la neige des fois comme dans mon pays, l’Afghanistan.


✌ Rdv vous vendredi pour la 2ème partie du témoignage de Kochaï sur la situation actuelle de l’Afghanistan. Partagez, likez, bouléguez ✌

Panorama of Turin, with the Alps in the backround and a hot air baloon, Turin, Italy